LA FIN DE LA VIOLENCE - Alexandre Nadeau
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LA FIN DE LA VIOLENCE

Publié le 27 Novembre 2012, Journal L’Émeraude Plus

 

 

Pour cet article, je vais prendre une forme d’écriture différente de ce à quoi je vous ai habitués. Quand j’ai reçu les sujets pour le journal de ce mois-ci, l’un portait sur la violence et j’ai eu tout de suite une inspiration remontant à une recherche qui me fascine depuis maintenant neuf ans.

Lorsque le sujet de la violence est abordé, il est souvent question de la guerre dans le monde, de la violence verbale et même physique dans certaines relations, et de la violence à la télé ou dans les jeux vidéo.

Cependant, un des sujets moins souvent exposés est celui de la violence interne. La violence que notre conscience vit et revit, et qui nous fait souffrir à l’intérieur. Avez-vous déjà imaginé le genre d’images mentales, le genre de dialogue interne et le genre d’émotions qui doit habiter une personne pour qu’elle commette des actes de violence? J’ai déjà été thérapeute et je peux vous dire que tout acte de violence débute avant tout à l’intérieur de la personne, parfois des années ou même des décennies avant que cette violence se manifeste à l’extérieur dans la « réalité ».

Ici, je prends des exemples extrêmes et pourtant, chaque être humain que j’ai rencontré à ce jour se faisait une forme de violence beaucoup plus faible, beaucoup plus subtile qui drainait tranquillement sa joie de vivre, son énergie et sa lumière.

Je ne sais pas si ce que je vais écrire a déjà été écrit ailleurs, mais je considère que ce message est hyper important pour quiconque souhaite être véritablement heureux et pour quiconque souhaite mettre fin à la violence intérieure afin de mettre de plus en plus fin à la violence extérieure.

Dans mon livre L’essence du bonheur, j’exprime ma perception selon laquelle nous avons tous une « essence », une façon d’être authentique et véritable qui nous est propre et qui est tout à fait unique. Je décris aussi que la plupart des gens ont vécu un conditionnement parental et social qui les a amenés à développer une « personnalité » et dans ma perception, c’est là que la violence interne commence.

Je m’explique. Disons que mon essence véritable est incroyablement attirée par tout ce qui est artistique et que, malheureusement, dans ma famille, tout ce qui est artistique est dénigré. Je réussis quand même à faire de la peinture jusqu’à ce jour où je salis le tapis que ma mère aime tant. Dans un excès de colère, elle jette tout mon matériel de peinture et me dit que je ne pourrai plus en faire. Imaginez un enfant de 5 ou 6 ans qui vit cette expérience! Que ressent-il? Il ne peut plus pratiquer la seule activité qui lui apportait de la joie…

Que ressent-il? De la tristesse? Sûrement. De la frustration? Peut-être.

Éventuellement, il vivra de la colère et du ressentiment. Je considère ceci comme un début de violence interne qui s’exprimera peut-être en violence externe, incluant de la violence plus « passive » (n’adresse plus la parole à sa mère en sachant que ça la fera souffrir, lui dit qu’il ne l’aime plus). Des comportements visant à faire souffrir la personne considérée comme responsable de la perte de joie pourraient bien apparaître.

Vous comprenez le principe? Eh bien, ce n’est rien! Nous avons tellement bien appris de toutes ces expériences qu’une fois devenus adultes, nous continuons à nier notre être véritable et nous faisons ce que nous sommes « censés » faire : trouver un emploi sécuritaire, faire des enfants, faire semblant que ça va bien quand ça ne va pas, etc.

Et c’est ce que j’appelle la violence intérieure subtile qui draine notre vie un peu à la fois. Sur une semaine, ça ne paraît pas trop, car ça crée seulement un malaise difficile à comprendre, mais sur une période de plusieurs années ou de plusieurs décennies, les effets sont dévastateurs.

En ce qui me concerne, chaque fois que je veux sincèrement dire oui et que ma bouche dit non, je me fais violence. Chaque fois qu’au fond de moi je veux dire non et que je dis oui, je me fais violence. Et même si ça paraît anodin d’accepter une invitation à souper quand notre être véritable ne veut pas du tout y aller, le problème est qu’il n’y a pas seulement ce souper, il y a toutes les autres activités auxquelles nous disons oui quand nous souhaitons dire non, et quand nous disons oui à ces activités, nous devons inévitablement dire non à certains choix qui nous auraient apporté tellement de joie. Une journée contient seulement 24 heures après tout, moins les heures de sommeil et les repas.

La seule façon que j’ai trouvé de diminuer mon niveau de violence et de colère interne, et par le fait même, les paroles et les comportements violents qui pouvaient blesser les autres, a été de faire l’effort d’être le plus honnête possible avec moi-même et de dire non quand je souhaitais sincèrement dire non et de dire oui quand je souhaitais sincèrement dire oui.

Ça a été très difficile au début parce que ça allait à l’encontre de mon conditionnement social et j’avais peur de vivre des répercussions sociales négatives en faisant ça. Finalement, j’ai vécu très peu de répercussions négatives et avec un peu de pratique, c’est devenu de plus en plus facile de « m’écouter » et de prendre des décisions basées sur mes désirs véritables. Ceci a grandement amélioré ma vie et en plus, je ressens beaucoup plus de paix par rapport à ma vie, donc, beaucoup moins de violence interne… et externe.

En espérant que ça vous aide!

 

Alexandre Nadeau

Auteur du livre L’essence du bonheur, aux Éditions Le Dauphin Blanc

www.alexandrenadeau.com

 


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12 thoughts on “LA FIN DE LA VIOLENCE

  1. Merci car je viens de me rendre compte que j’ai encore beaucoup de colère en moi ce qui provoque beaucoup de tension en moi et d’être crispé Lorsque je laisse allé toutes ces tensions ces colère je suis de plus en plus en paix calme détendu la vie est belle

  2. Ce texte me parle tellement! Je faisais une recherche sur le site pour savoir comment faire des choix (sans que ce soit extrêmement difficile). Et le site m’a proposé ce texte entre autres. J’ai failli ne pas le lire parce que je me disais: «fin de la violence»… je ne subi pas de violence, ça doit pas être pour moi. Je suis bien contente que tu abordes la violence interne. On n’en est souvent pas conscient. Mais quand c’est l’histoire d’une vie… ce sont des années de programmation à déprogrammer. Ouille!
    Merci

  3. Il y a une dizaine d’années on m’a dit “Tu n’es pas tannée de jouer à Mère Thérésa ?” Ça été la 1re prise de conscience de mon comportement. Un psychologue m’a fait remarquer que si on dit oui pour faire plaisir à une personne mais qu’on le fait de reculons, on fait payer l’autre d’une façon ou d’une autre. Comme, être désagréable avec la personne, être maussade, etc. Maintenant je me pose la question avant de dire oui. On m’a demandé de donner un 2e cours dernièrement. J’ai dit oui pour l’aider. Mais depuis, je dois monter le cours et le donner en même temps. Résultat, je ne suis pas bien du tout avec ma réponse. Aujourd’hui, elle m’a demandé de le redonner en janvier. Cette fois-ci je me suis respectée et j’ai dit non. Je me sens très bien avec ma réponse! C’est un travail de tous les jours pour ne pas “rechuter” comme j’ai fait. Notre 1er réflexe est de dire oui sans réfléchir avant . Je devrai donc être plus vigilante à l’avenir pour ne pas perdre tout le chemin que j’ai déjà fait.
    Je te remercie de ton texte il est arrivé au bon moment.
    Excuse la longueur de mon commentaire.

  4. Super ce texte Alexandre. La subtilité de cette violence interne fait effectivement des ravages. Je revois certain de mes comportements. En douce, elle gruge ma joie de vivre et la flamme disparait. A moi maintenant d’être plus attentive et vigilante. Merci Alexandre.

  5. C’est tellement vrai! Nous ne réalisons pas à quel point nous nous faisons violence en acceptant des choses contraire à nos sentiments pour faire plaisir aux autres. Mais je l’ai finalement compris, ça pris du temps, mais maintenant, je me sens très à l’aise avec ça!!!Merci Alexandre et passe une magnifique journée! A+ 🙂

  6. Que ça me parle ton texte merci . Oui en ce qui me concerne
    J ai choisi de maintenant lorsqu une personne sollicite mon temps, energie ou argent de ne plus repondre immediatement car la peur de ne pas etre aimee me faisait souvent dire oui au lieu de non et je me sentais si mal après, donc je dis ok je reflechis et je te reviens rapidement avec ma reponse et ça me libere vraiment de cette violence interieure et me guide à m ecouter tellement plus et faire ce ui me convient à moi oui quelle joie.

  7. C”est tout à fait ça
    Face à la violence verbale et la colère de mon mari , je m’insurgeais pour découvrir finalement que j’en avait envers moi et en moi s’en m’en rendre compte
    Lui l’exprime à l’extérieur et moi à l’intérieur , j’ai découvert des violences remontant à mon enfance à force de vouloir se mettre dans le moule pour plaire et survivre
    maintenant je commence à vivre
    j’ai appris à dire non sans me sentir coupable
    merci Alexandre

  8. Superbe réflexion. J’en conclut même que je me suis fait une fausse violence. Parce que s’écouter et dire non à la famille qui ne comprend plus pourquoi vous n’êtes plus aussi obéissant (aveugle) demande beaucoup d’amour en soi. Contrairement à toi, les gens peuvent parfois nous confronter voir même rejeter. À long terme c’est une merveilleuse aventure. On apprend beaucoup lors de ces passages. Fausse violence car regarder en avant me donnais l’impression de me fouetter pour avancer. Avec le recul, la paix que j’y ai gagné et les réflexions que ça a créé en valait la tourmente temporaire que j’ai affectueusement nommé le «wépapantoutte ». Lors d’un passage à niveau, il nous arrive d’attendre que le train de marchandise soit passé avant d’avancer; pourtant, même si l’on sait qu’il y aura un dernier wagon, il nous arrive de nous demander s’il y aura une fin puisqu’en regardant au loin on ne le (voit pas du tout ) wépapantoutte). Aujourd’hui j’accueille cette réflexion que tu amènes avec plus d’indulgence. Merci

  9. Merci infiniment Alexandre de mettre des mots sur notre expérience humaine! Ça nous permet de comprendre ce qui nous habite selon nos choix sociaux! Pouvoir guérir et changer….!! MMM….ça goûte déjà meilleur!

  10. Merci tellement Alexandre.

    Ta façon de dire les choses tout simplement, de décortiquer en utilisant de simples mots et non pas des termes scientifiques ou l’on se perd bien souvent, nous fait prendre conscience de l’exactitude de tes propos.
    Tu nous amènes au bon endroit à travailler en nous. Tu nous fais prendre conscience, que finalement, en cours de route, nous nous sommes un peu, beaucoup perdu et qu’il est temps de refaire surface avec ce que nous avons de plus beau à l’intérieur.
    Se défaire de tous les conditionnements parentaux et sociaux, se défaire de la violence interne ne peut qu’être le chemin véritable à suivre afin de faire briller de nouveau toutes les merveilleuses petites perles qui nous habitent.
    Renaître à la beauté qui est en nous, wow! quel excellent mandat.

    Je te souhaite une magnifique journée!

  11. Depuis quelques temps j ai apprit à respecter mes choix , en ajoutant le prise de conscience qu on se violence à soi même en n`écoutant pas a petite voix nous cause de la tension intérieure et dans notre corps physique, alors belle découverte pour diminuer la raideur dans nos muscles et dans nos tentons. Tendons vers un monde meilleur. merci Alexandre

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